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La fin de l’amour ?

(été 2020)

À propos du livre d’Eva Illouz : La fin de l’amour

Contrairement à ce que nous annonce le titre de son livre « la fin de l’amour », Eva Illouz ne parle pas de « l’amour », objet qu’elle ne définit jamais dans son texte, mais d’engagement.

Elle observe avec justesse qu’autrefois, l’engagement était régi par des institutions et des rituels (la cours, le mariage…). Ces rituels et institutions, qui se fondaient sur une asymétrie homme/femme, ont aujourd’hui perdu de leur force. De ce fait, les individus sont en difficulté pour produire des engagements stables et durables, d’autant plus qu’ils disposent désormais de la possibilité de se désengager des relations très aisément.

Malgré tous ses dénis récurrents, notre sociologue regrette manifestement le temps des engagements stables et durables ; les humains n’auraient obtenu qu’une « une liberté creuse et faussement légère » (p 304) du fait de la disparition des cadres anciens.

Ce qu’elle démontre parfaitement, c’est que les comportements et les sentiments humains sont les effets d’un conditionnement social, d’un cadre très serré, dans lequel gestes et affects se déploient de façon codée par avance.

Mais ce qu’elle regrette est-il vraiment regrettable ? Les engagements codifiés étaient source de violence et de frustration. Et ils le sont encore, du fait des inégalités hommes/femmes et des difficultés inhérentes à la vie de couple (Eva Illouz nous fournit de très bonnes pages sur l’inégalité et l’asymétrie des attentes entre les hommes et les femmes… sans toutefois faire entrer dans l’équation le désir d’enfant, ce qui relève d’un tour de force !). Or, ces engagements institutionnalisés produisaient et produisent bien souvent encore une maltraitance.

Sur un autre plan, Eva Illouz pose l’envie de réalisation et d’évolution comme un pur produit de la société de consommation. On peut s’en étonner : de tout temps les humains, s’ils en ont l’espace, aspirent à… Spinoza nomme cette tension interne le conatus, la puissance propre et singulière de tout « étant » à persévérer dans cet effort pour conserver et même augmenter sa puissance d’être. La pulsion d’exploration, corollaire du conatus est un élément essentiel de la vie humaine. Bien sûr, dans la société de consommation cette aspiration est orientée vers un désir de plus de biens de consommation, plus de « moi », plus de « look » comme le montre judicieusement notre sociologue… Cependant, on ne saurait réduire cette pulsion à ses modalités actuelles d’expression. Il n’y aurait ni connaissance ni art sans cette pulsion profonde d’aller au-delà des croyances, des traditions de pensée, des évidences, des pratiques communes, des injonctions éducatives et des conditionnements sociaux…

La façon dont elle commente les divorces atteste de sa position moralisatrice et son impasse sur cette pulsion fondamentale chez les humains. Elle réprouve le désengagement de façon très sévère, d’ailleurs surtout du côté des femmes… Sa condamnation de la psychologie comme pur produit accompagnant le libéralisme est tout à fait justifiée en ce qui concerne les techniques de développement personnel et la psychologie positive (vaste escroquerie dont elle démontre l’ineptie avec beaucoup de pertinence dans son ouvrage « Happycratie »). Cependant, certaines thérapies permettent de prendre conscience de la maltraitance produite au sein des couples et des conditionnements qui amènent hommes et femmes à accepter cette maltraitance comme « normale ». Vouloir s’en dégager est un mouvement légitime !
Ainsi évoque-t-elle une historienne qui quitte son époux après de nombreuses années de vie commune parce que celui-ci est devenu un pantouflard qui ne s’intéresse plus à rien. Assimiler à une pulsion consumériste le désir de partage et de stimulation intellectuelle est très choquant de la part d’une chercheuse en sociologie ! Sa collègue historienne est très certainement une femme qui, toute sa vie, aura été toujours plus loin dans la curiosité, l’exploration, la confrontation et la critique de données… Pourquoi devrait -elle rester avec un homme qui l’ennuie et constitue un frein à ce qui est le plus moteur dans sa vie ? Dans un vieux couple, le désir se doit d’être alimenté par autre chose que le simple effet du sex appeal des corps. Sans cette curiosité intellectuelle partagée, quelque chose de l’histoire de ce couple est mort…

De la même façon, une femme plus jeune qui a élevé ses enfants demande à son époux un espace pour peindre… refusé… sentiment de trahison… divorce… Là encore la pulsion fondamentale est réduite à un désir de consommation et d’influence délétère de la psychologie de développement du moi. Est-il légitime pour une femme d’aspirer à autre chose que d’élever ses enfants et de vouloir se confronter à elle-même dans une pratique artistique ? Pour Eva Illouz cela semble très net : cette femme devait se contenter de son sort et rester bobonne à la maison plutôt que de trahir son engagement…

Les humains sont pris dans un paradoxe. Ce qui fonde le lien et le désir de lien c’est notre expérience de nourrisson faite de dépendance, de vulnérabilité et fréquemment d’insécurité. Trop souvent, nous n’avons pas été bien traités, respectés dans nos besoins, dans nos rythmes, nos spécificités et nos aspirations. Nous recherchons la sécurité et la continuité dans le lien de couple, mais peu d’individus sont capables d’accepter un partenaire qui serait autre chose que la simple réponse à leurs besoins et de ce fait, nous répétons au sein des couples que nous formons à l’âge adulte les modalités de non-respect et de maltraitance expérimentées dans notre enfance.

On ne saurait reprocher à notre sociologue, brillante dans ses autres ouvrages, de faire de la sociologie. Cependant, son enfermement dans un mode explicatif exclusif, en se privant d’autres champs de réflexion et de savoir, conduit à un rétrécissement interprétatif… et nous livre de façon assez transparente sa subjectivité et ses jugements moraux. Ne nous informe-t-elle pas dans l’exergue de son ouvrage, que les membres de sa famille échappent à ce grave défaut d’engagement contemporain ? Le psychologue qui écrit ces lignes s’abstiendra de toute spéculation sur les angoisses de la sociologue.…

 

Sommes nous tous le fanatique de quelqu’un ?

(automne 2020)

Il est des vocables tels que « fanatique », « terroriste », « populiste », « islamo-gauchiste » qui ont pour unique usage la stigmatisation d’une personne. Ces mots condamnent, sans jugement et sans appel … et surtout, sans pensée. Car ils sont vides de toute substance autre que la condamnation proférée.

Avant de se pencher sur le qualificatif de « fanatique », un bref détour par le mot « terroriste » peut s’avérer utile. Les résistants français qui dynamitaient des trains lors de la deuxième guerre mondiale étaient qualifiés de « terroristes » pas les autorités allemandes. De même, les immigrés juifs en Palestine qui faisaient sauter l’occupant anglais avant la naissance de l’État d’Israël étaient des « terroristes » aux yeux des anglais. Comme le sont, aux yeux des Israéliens, les Palestiniens qui résistent aujourd’hui à l’appropriation de leur terre …

On voit donc que le « terroriste » est, du côté de celui qui pose la bombe, un résistant œuvrant pour une cause juste, et de l’autre, un sauvage absolu sans légitimité quant à ses actes. Ce terme a bénéficié d’un dérivé notable avec la notion de « combattants illégaux » que les États-Unis ont utilisé pour désigner les ennemis qu’ils ont trouvés en face d’eux lors de leurs opérations bien loin de leurs frontières ; ce qui les a auto-légitimé à déporter et enfermer à vie, sans jugement, ces « combattants illégaux ». Comme on peut l’observer dans ce cas, ce qui est considéré comme « légal » est énoncé par le plus fort.

On butte au passage sur un problème majeur pour l’espèce humaine : le fait que les humains soient prêts à tuer d‘autres humains pour une cause qui leur parait juste – une constante dans l’histoire de l’humanité – mais nous laisserons de côté cette donnée « normale » …
Revenons à nos fanatiques et tentons une expérience en rapprochant deux phénomènes à priori non apparentés.

1° Une enseignante canadienne a été exclue de son université, désavouée par son recteur et stigmatisée par le premier ministre. Sa faute : elle avait prononcé le mot « nègre » dans son cours. Cours dans lequel elle décrivait le phénomène de réappropriation par les minorités stigmatisées des insultes dont celles-ci sont l’objet. Elle citait comme autre exemple le mot « queer », insulte à l‘origine, devenu un étendard. Des élèves offusqués l’ont dénoncée, insultée sur les réseaux sociaux… et ils ont gagné.

2° Un enseignant français illustre un cours sur la liberté d’expression en montrant des caricatures du prophète de l’Islam. Des élèves font circuler l’information. Il est égorgé par un « fanatique ».

Au fondement de ces deux séquences : un mécanisme magico-religieux. Dans le cas de la représentation du prophète l’interdit religieux est clairement manifeste. Dans l’autre occurrence, un mot est frappé d’interdit, il devient tabou, imprononçable, et couvre d’opprobre celui ou celle qui l’a employé. Or, un mot prend son sens effectif dans le contexte de son énonciation. Si cette enseignante avait traité de « nègre » un élève, pour quelque raison que ce soit, tout le monde aurait compris que c’était une insulte. Mais, dans cette situation précise, ce mot était un objet d’étude. Il n’était jeté à la figure de personne. Considérer que sa prononciation, dans ce contexte universitaire, produirait un effet dommageable sur autrui, relève de la pensée magique.

Le « fanatique » qui tue l’enseignant français s’en prend à quelqu’un qui a montré une caricature. Il n’était sans doute pas en mesure d’évaluer qu’il s’agissait d’un projet pédagogique et de valider l’intérêt de ce projet. Dans le cas de l’universitaire canadienne, si l’on veut bien fait abstraction du meurtre, le fanatisme pourrait être jugé encore plus grave, car la parole de l’universitaire ne relève pas d’une simple « expression ». Il ne s’agit pas ici de la « liberté d’expression » comme pour le droit à la caricature, mais de la liberté de penser, de réfléchir sur les conduites humaines, et qui plus est dans un lieu censé protéger le déploiement et l’enrichissement de la pensée. Et tous ceux présents ce jour-là dans la classe de l‘enseignante étaient censés adhérer à l’intérêt d’un exercice de pensée, infiniment plus que des élèves du secondaire que l’on tente, courageusement, d’éveiller aux processus de pensée critique.

Depuis des décennies la Banque Mondiale et le FMI contraignent les États les plus pauvres de la planète à déployer des politiques qui ont pour effet de les appauvrir encore plus. Aucun observateur sensé ne peut affirmer que les politiques libérales prescrites apportent le moindre bienfait aux populations concernées. La pensée économique libérale relève du dogme religieux et ses adeptes bénéficient de tous les mécanismes de déni et d’aveuglement inhérents aux croyances religieuses. Au nom de ce dogme, l’Europe a infligé à la Grèce une politique qui a réduit à la misère quelques millions d’individus et provoqué bon nombre de suicides. Personne n’a parlé de « fanatisme » … Ce qui nous montre que l’usage de ce terme, comme celui de « terroriste », est strictement réservé.
L’arrivée au pouvoir d’un gouvernement élu sur une promesse de changement radical a fait peur à l’establishment européen, peur qui a été le moteur de la rage à faire plier les élus grecs. Ce qui nous permet d’ajouter un autre élément. Car, une fois les mécanismes violents liés à des croyances magico-religieuses identifiés, rien n’est résolu. Il reste à comprendre ce qui est sous-jacent à cette position « fanatique ». Quelques soient ses formes, l’agressivité est bien souvent la manifestation de peurs ou de colères.

50 000 individus défilent contre la France dans la capitale de l’un des pays les plus pauvres du monde, un pays musulman. Dans ce pays, le pouvoir est aux mains de quelques familles qui contrôlent les flux financiers, les terres, l’appareil productif, l’armée et bien sur le pouvoir politique. Il y aurait de quoi être en colère contre cela. D’ailleurs certains le sont : des gens ayant reçu un minimum d’éducation, d’autres qui ont fait des études supérieures et ont eu accès à l’exercice de pensée critique et qui, pour la plupart, ne font pas partie de de ces quelques familles aristocratiques se partageant le gâteau. Mais les autres, les plus pauvres des plus pauvres, peuvent-ils penser et exprimer leur colère ? l’Islam enseigne depuis son origine la soumission au pouvoir politique quel qu’il soit. Alors, au cas où ces pauvres gens puissent envisager que leurs maux proviennent du système politique en place, quelque politiciens malins aidés de quelques prédicateurs zélés leur désignent des cibles pour exprimer leur colère. Les religions servent à cela : soumettre à l‘autorité, dévier tout ce qui pourrait émerger et prétendre au moindre changement, être au service de l’immobilisme d’une société et de la pérennisation des inégalités…

Quelles sont les colères qui habitent nos « fanatiques » et nos « terroristes » ? Sans doute pour certains des colères collectives anciennes, liées aux effets destructeurs de la colonisation, des colères d’opprimés, d’exploités, de pauvres, qu’ils ne peuvent penser ou exprimer et qui sont habilement redirigées. Pour d’autres, des colères plus individuelles contre des figures d’autorité : ressentiment par rapport à l‘autorité parentale, par rapport au système éducatif… colères déplacées sur une figure vulnérable, facile à attaquer.

S’en prendre aux enseignants, par le biais de dénonciations, de messages insultants sur les réseaux sociaux, de menaces anonymes, permet d’exercer un pouvoir et de jouir d’exercer ce pouvoir. On peut comprendre cette jouissance. Comprendre mais non cautionner ! La notion de pouvoir est une composante importante de cette équation. La jouissance d’exercer un pouvoir sur autrui est une autre tare inhérente à l’espèce humaine… L‘éducation est une violence pour chaque enfant, plus ou moins explicite, plus ou moins douloureuse. L’apprentissage du cadre social se fait à coup d’interdits et d’obligations à la soumission. Il n’est guère étonnant que la frustration et la colère qui en découlent cherchent de faciles exutoires qui paraîtront légitimes au prétexte d’aussi nobles causes que l’anti-racisme.

Les rancœurs engendrées par le système éducatif sont très diverses et leurs causes sont variées. Il y a un demi-siècle, toute personne ayant réussi à rentrer dans le système éducatif supérieur des sociétés occidentales trouvait sa place dans la société de manière satisfaisante. Les jeunes gens d’aujourd’hui savent que, s’ils ne font pas partie d’un milieu privilégié bénéficiant d’un réseau de relations qui leur permettra de se frayer un chemin enviable, le baccalauréat et les études supérieures ne seront pas une garantie de gagner sa vie correctement et d’avoir une place sociale valorisante… et stable. On retrouve ici la peur.

À cela s’ajoute un autre phénomène : le sentiment d’appartenance à un groupe d’individus en colère, d’individus qui dénoncent, protestent, expriment une opinion… Celui qui s’inclut dans un groupe, quel qu’il soit, se sent relié à de nombreux autres individus. Il obtient de cette inclusion un renforcement narcissique, un sentiment de consistance dû à l’effet de résonance qu’offre le groupe à ses convictions, un sentiment de sécurité interne plus important.
Le psychisme humain est hanté par des peurs et des colères générées par les interactions avec l’environnement depuis le début de la vie. Le psychisme accumule tout ce qui a pu être vécu comme humiliant, intrusif, abusif, injuste face à toutes les formes de pouvoir que l’individu rencontre : pouvoir parentaux, pouvoirs des professeurs, des administrations, des autorités religieuses et politiques… Ces peurs et colères résonnent et sont amplifiés par les mémoires collectives et les groupes d’appartenance.

Tous les humains sont en colère. Certains l’ignorent complètement et développent à l’occasion quelques troubles psychosomatiques plus ou moins graves. D’autres en sont un peu plus conscients mais en éprouvent de la culpabilité : comment oser remettre en question l’autorité, quelque soit sa forme ? C’est le signe d’une certaine efficacité éducative ! Enfin, d’autres expriment cette colère mais se trompent souvent de cible, et il est assez facile de les y aider…

Les psychologues de l’armée israélienne ont observé que les jeunes gens éduqués en kibboutz se faisaient plus facilement tuer que leurs congénères élevés dans des cellules familiales classiques. Leur étude aboutissait à la conclusion qu’éduqués dans la coopération et le souci des autres, ces jeunes gens, en cas de danger, pensaient davantage à leurs camarades plutôt qu’à eux-mêmes, et de ce fait devenaient plus vulnérables. Cela démontre que certains systèmes éducatifs et cadres sociaux permettraient d’engendrer des humains plus soucieux des autres et donc, peut-être, moins aptes à tuer leurs semblables. Cela pourrait présenter quelque intérêt pour l’avenir de l’espèce humaine…

Lorsque des enfants peuvent bénéficier d’un entourage plus large que la cellule parentale classique, les appuis diversifiés offrent une plus grande sécurité pour l’enfant qui peut toujours se tourner vers un autre adulte lorsqu’un référent se trouve indisponible ou en mauvais état psychique… et ainsi avoir accès à une pluralité d’opinions et de modèles de rapport au monde. Or, la sécurité est la donnée première dans l’équation des comportements humains : la boucle psychique la plus toxique est la suivante : l’insécurité génère de la peur et de la violence qui, à leur tour, alimentent l’insécurité…. Face à cet engrenage aliénant, la diversité d’informations et de modèles constitue le terreau du développement d’une pensée autonome et critique.

Un ami qui s’astreint à manger casher fustigeait devant moi les adeptes du véganisme : « des fanatiques ». J’avoue ne pas être au fait des motivations profondes de cette option alimentaire, cependant, il est avéré que l’élevage animal constitue une source de pollution majeure et de déforestation… Quelques chercheurs censés considèrent qu’une diminution mondiale conséquente de la consommation de viande aurait un impact décisif sur l’écologie planétaire. L’année dernière, en Inde, des hindouistes ont lynché des musulmans accusés d’avoir tué des vaches sacrées. Soyons donc vigilants et l’on envisagera de parler du fanatisme végan occidental dès que les végans égorgeront les bouchers… Serions-nous toujours le fanatique de quelqu’un ?
Alors, pour terminer, imaginons une société basée sur le partage et la coopération et que, dès les premiers moments de la vie, les besoins fondamentaux, dont la sécurité, soient assurés et que les systèmes éducatifs, les instances politiques et les administrations soient fondées sur les mêmes valeurs, et que cette société réussirait à amener ses membres à un degré élevé de pensée autonome et critique. Produirait-elle des « fanatiques » ? Nous ne le saurons sans doute jamais.

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Ces textes illustrent un engagement ancien pour une certaine qualité de psychanalyse…

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